ATTENTION Pas de messe lundi de Pentecôte!

 

« Viens, Esprit Saint ! »

Nous arrivons au terme de la longue période de Pâques. Pendant cinquante jours nous avons relu les Ecritures présentant le mystère de la Résurrection, en étant constamment en contact avec les événements tragiques de notre histoire contemporaine. Nous mesurons combien le mystère de Dieu parmi les hommes est grand.

Alors que l’humanité souffre de tant de calamités, de guerres, de maladies, de crises et de conflits, comment croire que Jésus est encore avec nous, qu’il partage notre condition, qu’il se soucie des hommes ? Si l’intelligence reste résolument sans réponse et que beaucoup d’hommes ont perdu la foi, que l’espérance a disparu, le chrétien, disciple de Jésus, espère contre tout espérance ; il sait que Dieu n’est pas loin du cœur blessé et de l’âme abattue. Certes, la présence de Dieu reste discrète et semble inexistante pour certains mais elle n’en demeure pas moins vraie à celui qui se donne le moyen de croire. Comment reconnaître que Dieu n’a pas abandonné les hommes ? Pour celui qui sait attendre et qui demeure fidèle dans la prière, la confiance s’affermit et il découvre qu’il porte en lui les dons pour changer le monde. En effet, le Seigneur n’est pas un briseur de guerre, il est le Prince de la Paix, celui par qui tout se réconcilie, et il offre sa grâce à tout homme afin de le rendre participant à sa divinité.

De l’Ascension jusqu’à la Pentecôte, nous avons lu et médité la très belle prière sacerdotale de Jésus. Jésus s’adresse à son Père alors qu’il s’apprête à quitter ses disciples. Il lui demande de les garder unis dans son nom. Il sait qu’ils seront rendus vulnérables car ils seront privés de sa présence physique réconfortante ; que le Mauvais tentera de les séparer. Cependant, en étant élevé au Ciel, sous le regard de ses disciples, le Christ leur fait une promesse : celle de leur envoyer le Saint Esprit. L’Ascension du Seigneur a ouvert une voie, un passage vers les réalités d’en haut; ce passage ne s’est pas refermé. Aujourd’hui encore il demeure ouvert et l’Esprit Saint continue d’offrir ses dons incommensurables aux hommes.

Alors que les apôtres demeurent rassemblés et unis dans la prière, en particulier à celle que Jésus leur a enseignée, le Notre Père, ils attendent la venue de l’Esprit Saint. Ce dernier leur est donné. Des langues de feu se posent sur chaque apôtre. Elles symbolisent la puissance purificatrice de l’Esprit et la plénitude du don qui va se déployer dans la prédication et la prière de l’Eglise.

C’est dans ce cadre biblique que s’est tenu mardi dernier, en la cathédrale Notre-Dame, la veillée de prière pour la vie. A l’exemple des apôtres, l’Eglise de notre temps s’est rassemblée pour présenter sa prière à Dieu, spécialement en faveur de la vie humaine de ses débuts jusqu’à son terme. Plus largement, cette prière concernait toute vie humaine fragilisée par les souffrances provoquées par les conflits armés. Ce beau temps de prière était un temps de grâce et il le demeure aussi longtemps que l’Eglise ne cesse de prier avec insistance. Cette prière s’inscrit dans ce temps d’attente sans cesse renouvelé des dons de l’Esprit Saint. La réponse du Seigneur à la prière de l’Eglise ne se fait pas attendre. Il répond à ses supplications pour nous-mêmes et pour tous les hommes en nous donnant l’Esprit Saint et la plénitude de ses dons. Nous comprenons par conséquent que le monde tel que nous le connaissons peut changer si nous en faisons la demande à Dieu par le Christ et dans l’Esprit et que nous vivions des dons reçus.

Dieu n’agit pas directement en supprimant la souffrance mais il nous donne les moyens d’œuvrer avec lui pour éradiquer le mal. La mission semble immense mais pas impossible car tout est possible à Dieu. En ce jour de la Pentecôte rendons grâce à Dieu de nous avoir donné la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. Puissions-nous apprendre à vivre de ces dons au cœur de nos familles, de notre paroisse pour que nous puissions savourer les fruits spirituels de l’Esprit dont la tradition de l’Eglise en énumère douze : « Charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté » (Ga 5,22-23).

Père Patrice Sonnier, Curé, M. Id