HORAIRES DES MESSES

Lundi : 19h
Mardi : 8h45
Mercredi : 8h45 – 19h00
Jeudi : 8h45
Vendredi : 8h45 – 17h00
Messe dominicale anticipée, samedi à 18h.
Messe dominicale à 10h30.

Accueil / confessions :

Père Patrice Sonnier,
le mercredi de 17h à 19h30 à la sacristie.
Confessions (uniquement) : Père Enrique,
le mardi et le vendredi de 17h30 à 19h00 à la sacristie

« Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie »

Je voudrais aborder le thème de la peur d’un avenir incertain sous un angle spirituel et non pas seulement d’un point de vue culturel ou économique. Il y a chez l’homme, une logique profonde qui échappe à la raison et qui le pousse à se détourner de Dieu, pour chercher par lui-même à assurer son bonheur, et cela par l’acquisition de biens matériels toujours plus nombreux. Les riches comme les pauvres sont désireux de combler un manque par eux-mêmes ; quelles en sont l’origine et la cause ?

Dans son évangile, saint Matthieu nous rapporte que les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne et que ce dernier les instruisait ; il leur disait : « Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture ou du vêtement » (Mt 6, 25).

Jésus se rend compte de l’inquiétude dans le cœur de ses disciples. Le Seigneur leur enjoint de vendre leurs biens et de donner l’argent aux pauvres afin de pouvoir le suivre et acquérir un trésor impérissable : celui du Royaume (Mc10, 17-22). Pour suivre le Christ et devenir serviteur, il leur faut donc croire, avec une totale confiance, qu’il peut combler leur vie, tant au niveau spirituel qu’au niveau matériel. Mais cette perspective, assurée par la Providence divine, ne supprime pas leur profonde inquiétude ; que va-t-il leur arriver s’ils n’ont plus rien à manger où s’ils viennent à ne plus avoir de quoi acheter de vêtements ? Comment vont-ils pouvoir subvenir à leurs besoins vitaux ? Vont-ils pouvoir trouver sur leur chemin des personnes bienveillantes qui leur permettront de vivre, voire de survivre ? Le Christ lit dans leur cœur cette inquiétude et il leur répond avec beaucoup de délicatesse et de poésie. Il leur fait voir comment la bonté infinie du Père est à l’œuvre dans la création : les oiseaux du ciel sont nourris, l’herbe des champs est habillée (Mt 4, 26,30).

La délicatesse du Christ à l’égard de ces hommes profondément inquiets, nous laisse supposer qu’il connaît parfaitement l’origine de ce trouble. Ils sont victimes, malgré eux, d’une séparation d’avec Dieu qui les conduit à avoir faim et froid. En effet, l’humanité après la chute originelle, s’est retrouvée seule, éloignée de la Source de vie. Alors que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, le péché originel a provoqué cette rupture d’alliance et l’homme s’est retrouvé en exil, loin du Seigneur. Le cœur de tout homme exprime l’état dans lequel se sont retrouvés Adam et Eve. En effet, le livre de la Genèse rapporte un fait étrange qui fait écho à cette inquiétude que nous venons de rappeler : l’homme et la femme se sont détournés du Seigneur, ils ont désobéi et sous l’emprise du Tentateur, ils ont mangé du fruit de l’arbre de la connaissance et sont “devenus nus” (Gn 3,1-7). Au lieu de parvenir à une plénitude, ils se sont retrouvés frappés par un appauvrissement car ils se sont privés de l’amour de Dieu, seule et véritable nourriture pour l’homme.

Cette condition de précarité et de dépendance, le Seigneur la connaît et la reconnaît devant les disciples : « Votre Père céleste sait que vous en avez besoin » (Mt 7,32). Comment pourrait-il ne pas en être conscient, lui qui a vu s’éloigner l’homme de son amour et tomber dans le désert de ce monde marqué par la mort. Le Christ Jésus est venu pour libérer l’homme esclave de cette dépendance et rétablir cette union à Dieu.

Le Christ a rétabli l’alliance en offrant sa vie et demande à l’Eglise aujourd’hui de maintenir cette alliance par la vie sacramentelle. En effet, par le baptême, nous sommes de nouveau greffés à la vigne : le Christ, par qui nous recevons la vie en plénitude. La grâce que nous donnent les sacrements de l’Eglise, spécialement celui de l’Eucharistie, nous apporte cette nourriture sainte qui refait nos forces.

C’est en ce sens que nous pouvons entendre les paroles de saint Paul qui demande aux Corinthiens d’être regardés comme les serviteurs du Seigneur et les intendants des mystères de Dieu (1 Co 4,1).

Père Patrice Sonnier, Curé, M. Id.