On en parle aux Bernardins
Débat au Collège des Bernardins autour d’une question de société
Animée par : Sabine de Rozières
Émission du Jeudi 24 décembre 2015
Cours : la prière du Seigneur
Père Patrice Sonnier, Professeur à l’Ecole Cathédrale

Nous avons reçu l’Évangile pour tenir bon

 » Tiens bon  » ! Entendons-nous souvent dire à une personne qui connaît une épreuve, une situation douloureuse. A un enfant qui monte sur une balançoire, nous pouvons aussi dire  » tiens bon !  » Tiens solidement les chaînes. Dans l’un et l’autre cas,  » tiens bon  » ne veut pas dire la même chose. Mais, la même expression éveille notre attention pour un but : ne pas céder sous peine de nous faire mal. Entendre st Paul dire  » Cet Evangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon « . Que devons-nous entendre de particulier dans le  » tenir bon  » évangélique ?

St Paul commence par une affirmation importante. La fondation qui détermine la solidité de ce qui sera construit, la solidité de la vie chrétienne, nous a été offerte « cet Evangile, vous l’avez reçu » ( 1 Cor 15,1 ). Cette fondation, c’est l’Evangile en tant qu’expression de la volonté de Dieu toujours bonne, incarnée en Jésus-Christ. On ne s’attache pas à une fondation comme un enfant tiendrait bon sur les chaînes d’une balançoire. Quand cette fondation c’est le Christ et sa Parole, il s’agit de fonder sa vie sur Lui et sa Parole. Croire en Dieu et à sa Parole ; faire confiance, s’appuyer sur, bâtir sa vie sur le roc. St Matthieu nous dit comment fonder, appuyer, bâtir ou construire sa vie sur ce roc : « …quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. » ( Mt 7,24 ). L’acte de foi qui consiste à « écouter » et « mettre en pratique » la Parole de Dieu permet de trouver une assise. Une assise solide sur ce roc qui donne à l’ensemble de la vie chrétienne de s’ériger harmonieusement et d’avoir une stabilité. L’Evangile, nous l’avons reçu pour tenir bon. Non pas pour rester sur place, mais bien, dans les épreuves et situations douloureuses, pour tenir fermement un cap, une direction.  «  Je poursuis ma course pour tâcher de saisir le but, ayant été moi-même saisi par le Christ Jésus » dit St Paul (Phil 3,12s.). Tenir bon du point de vue de l’Evangile, c’est « se garder dans la foi », conserver ce mouvement, se mettre en route pour répondre, même au cœur de l’échec ( Mt 5, 5), à cet appel sans cesse réitéré qui nous vient d’ailleurs « avance au large, et jetez vos filets pour la pêche » ( Mt 5,4 ). C’est dire que c’est ma foi qui « me garde » contre la défiance qui peut se nourrir de l’expérience de mes échecs. Car la foi, ça ne se conserve pas. Elle est comme la manne donnée au désert. Elle n’existe que d’avancer et de recommencer. Plus qu’un simple encouragement, tenir bon dans la bouche de Paul, pour toi comme pour nous ce dimanche, est un appel à la foi et à l’espérance.

Dans les combats suscités par la maladie, les infirmités, la souffrance physique et morale, les conflits familiaux, sociaux ou professionnels, prions pour savoir tenir fermement le cap. Que la défiance n’ait pas le pas sur notre confiance en l’Amour de Dieu pour nous. Mais, dans la foi, que nos épreuves soient des tremplins qui nous propulsent en avant, au large. Qu’elles soient une opportunité pour notre foi.

Père François-Xavier Eloundou, M.Id

 

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