Christ, Roi de l’univers

S’il est des mots qui ont mauvaise presse dans notre société, celui de Roi en est bien un. S’il ne fait pas allusion au pouvoir anarchique d’un chef souverain, il porte plus souvent la valeur péjorative d’un tyran ou d’un despote. Mais seulement, un petit rappel étymologique du mot roi pourrait aider, à la méditation de l’Eglise et de ses fidèles, sur le sens à donner à la Royauté de Jésus que nous célébrons en ce jour par excellence qu’est le dimanche. Le mot roi renvoie à “celui qui dirige” au sens de “présider”

Rendu à la fin de l’année liturgique, nous célébrons le Christ Roi, en tant que celui qui a présidé, c’est-à-dire occupé la place d’honneur à nos Eucharisties (Ez 34, 15) en étant à la fois le prêtre et la victime ; Celui qui a présidé et préside encore le rassemblement de tous les enfants de Dieu : « j’irai moi-même à la recherche de mes brebis ». Car, il fait l’unité de ceux qui sont rassemblés et rassemble ceux qui sont dispersés (Ez 34, 16) ; c’est lui qui préside à notre vie comme à notre mort. Sur notre vie, il a veillé, il l’a protégée avec soin en lui rendant ses forces dans la faiblesse et en la délivrant de l’égarement dû au péché. Sur notre vie, il a “présidé” (régné) en donnant sa vie (Jn 18, 37). Il a présidé à notre mort. C’est-à-dire qu’il a pris le devant “pré” et, sur la croix, il a siégé “sedere” “aux lieux de nos morts” et de notre mort afin de donner une direction à la mort (1 Co 15, 28). Jésus a présidé, dirigé et habité notre charité car il a exercé sa fonction royale par sa naissance pleine d’humilité dans une mangeoire et en lavant les pieds de ses disciples (Jn 13, 3s).

La question que nous devrions-nous poser aujourd’hui forcément, c’est celle de savoir si c’est le Christ qui préside, qui a la place d’honneur dans notre vie ? Comment notre action chrétienne prend source en lui ? Est-il le souverain de nos cœurs ? Essayer de donner réponse à cette question oriente notre vie de telle façon que nous tendons à devenir l’image de celui qui a la première place dans notre vie : que l’amour ait le dernier mot dans notre vie, car nous seront jugés par l’amour pour cette fin que nous attendons avec incertitude et crainte mais aussi dans la foi.

 Père François-Xavier Eloundou M. Id