La Trinité,  une question d’amour !

On raconte que saint Augustin, auteur d’un magnifique Traité sur la Trinité, vit un jour un ange qui essayait de mettre toute l’eau de la mer dans un seul petit coquillage. St Augustin fit à l’ange la remarque de la difficulté de son entreprise. L’ange lui répondit que cela lui serait plus facile, que de vouloir épuiser, avec les seules ressources de la raison humaine, le mystère de la Trinité. Et pourtant, cela ne nous épargne pas l’éternelle question, lancinante et récurrente que nous nous posons au contact des réalités des mystères de notre foi : qu’est-ce que cela m’apporte de croire en un seul Dieu : le Père, le Dieu créateur qui reste l’invisible ; le Fils, ce Dieu manifesté dans l’humanité de Jésus ; l’Esprit, ce Dieu dont le souffle, source de liberté, renouvelle toutes choses ?

La Trinité n’est pas une question de chiffres mais d’amour. Dieu est communion d’amour en lui-même. Parce qu’il est différence et unité, il fonde, en créant le monde, l’unité dans la différence. Il se révèle comme amour créateur, amour proche et amour libérateur. Le Père, le Fils et l’Esprit, chacune des trois personnes n’existe qu’en union avec les deux autres dans une parfaite relation d’amour. Ainsi toute l’œuvre de Dieu est l’œuvre commune des trois personnes et toute notre vie de chrétiens est communion avec chacune des trois personnes. Une communion à « un amour toujours plus sincère et plus fort dans une dimension trinitaire : amour du Christ, qui appelle à l’intimité avec lui ; amour de l’Esprit Saint, qui dispose l’âme à accueillir ses inspirations ; amour du Père, origine première et but suprême de la vie… »[1]. Cette communion est un appel, une vocation à croire à l’amour, à l’accueillir, à le vivre puisqu’il s’est, du ciel, déversé sur la terre en surmontant chaque frontière et chaque limite. Célébrer la Sainte Trinité, c’est croire en la révélation du don de cette communion et vouloir correspondre et répondre à la réalité d’une telle communion. C’est aussi, croire en la révélation du secret du vécu de la vie, de la sagesse sur la vie et sur l’amour.

[1] – Saint Jean-Paul II, Vie Consacrée, n. 21

Père François-Xavier Eloundou M.Id