Historique

Commencée en 1133, l’église Saint-Pierre,
l’une des plus anciennes de Paris,
 fut terminée en 1147,
 consacrée par le pape Eugène III, cistercien,
 assisté de saint Bernard de Clairvaux et
 de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny,
 en présence du roi Louis VII le Jeune
 et de sa mère, la reine Adélaïde de Savoie. Pendant plus de six siècles, elle fut à la fois église paroissiale et
 église abbatiale et église paroissiale du monastère royal des Religieuses bénédictines de Montmartre.

Culte de Notre-Dame de Montmartre

Le renouveau du culte de Notre-Dame de Montmartre dans son Sanctuaire est né de la rencontre providentielle entre deux peintres que vous voyez en photo à votre gauche : Suzanne VALADON et le prince GAZI Igna Guireï, dit GAZI le Tatar. La profonde affection filiale qui unissait les deux artistes – GAZI parlait de Suzanne Valadon comme de sa mère d’adoption – allait être à l’origine du retour de la vénération de la Vierge Marie sur la butte Sacrée. Au détour d’une conversation, un souvenir d’enfance de Suzanne ému profondément GAZI. Adolescente, elle avait pu voir chez des gens pieux un modeste vestige de la première statue de Notre-Dame de Montmartre qui fut détruite pendant la Révolution française. Par une mystérieuse inspiration de l’Esprit Saint, le cœur d’enfant de GAZI qui aimait déjà tendrement la Vierge Marie ressentit un appel qu’il décrira comme ‘indicible’ : faire sortir de l’oubli le culte millénaire de Notre-Dame de Montmartre.

Il se plongea avec passion dans l’histoire de ce lieu unique et découvrit que l’origine de la dévotion mariale sur la butte Montmartre remontait probablement à l’an 250, avec la construction par Saint Denis, premier évêque de Paris et martyr, d’un modeste oratoire dédié à la Vierge. Il découvrit aussi qu’à l’époque de la naissance de l’abbaye royale des religieuses bénédictines de Montmartre en 1134, la partie abbatiale (chœur et transept de l’église) fut tout naturellement placée sous le vocable de Notre-Dame et Saint-Denis tandis que la partie paroissiale – où vous êtes actuellement – reçut le vocable de Saint-Pierre. Considéré par le peuple, les nobles et les rois comme un traditionnel chemin de pèlerinage, la ferveur autour du culte de Notre-Dame de Montmartre est telle que le 15 Août 1534, c’est tout d’abord à elle qu’Ignace de Loyola et ses compagnons confient leur projet de vie religieuse, avant de descendre en contrebas, à la chapelle du Martyrium. Au 17ème siècle, la présence de Saint Jean Eudes, directeur spirituel et confesseur des religieuses bénédictines qu’il surnommait ‘les saintes filles de Notre Dame de Montmartre’, influença aussi particulièrement la dévotion pour la Vierge en ces lieux.

L’histoire de l’abbaye Notre-Dame de Montmartre s’interrompt brutalement en 1794. La dernière abbesse est guillotinée, les autres religieuses renvoyées. L’abbaye et la statue originelle de la Vierge sont détruites. Menacée plusieurs fois de démolition, l’église paroissiale Saint-Pierre subsiste cependant miraculeusement … dans l’attente du retour de sa Sainte Patronne dans ses murs. Le 20 Novembre 1942, la joie de GAZI est grande ! A la lumière du dossier qu’il a constitué à destination du diocèse, son Eminence le Cardinal Emmanuel SUHARD, archevêque de Paris, reconnaît officiellement le retour du culte de Notre-Dame de Montmartre dans son Sanctuaire, après 147 années d’interruption. Le peintre décore l’actuelle statue de la Vierge, une œuvre anonyme retrouvée providentiellement dans l’église Saint Pierre au milieu de gravats lors de travaux de réparation. Comme vous pouvez le voir sur la photo, GAZI peint aussi son vocable millénaire avec dévotion. Les fidèles peuvent enfin contempler la nouvelle image de Notre-Dame de Montmartre que vous découvrez aujourd’hui : une ‘Madone très belle et gracieuse, aux bras croisés sur sa poitrine’, comme la décrit GAZI lui-même.

En 1946, sous l’impulsion de l’Esprit Saint, GAZI donne à Notre Dame de Montmartre son second vocable porteur d’une dimension universelle, profondément enracinée dans l’enseignement de l’Eglise Catholique sur la Vierge Marie et approuvé par le Cardinal SUHARD : Notre-Dame de Beauté. Elle devient désormais la Sainte Patronne de tous les Artistes du monde entier. Après avoir été à l’origine de l’Amicale des artistes, fondée le 23 Décembre 1945, GAZI créa également l’Hommage annuel des Artistes à leur Sainte Patronne, dès Mai 1946. Il restera présent auprès d’elle jusqu’à sa mort, dans la nuit de la Toussaint 1975. GAZI de Notre Dame de Montmartre, comme il se surnommait lui-même, est enterré au cimetière Saint Vincent, non loin d’ici.

Quelques années après le décès de GAZI, Monsieur Philippe-Marie CHRISTOPHE, pianiste à l’Opéra de Paris, repris sa mission avec générosité et dévouement, réunissant régulièrement les artistes auprès de Notre-Dame de Montmartre, Notre-Dame de Beauté, qu’il aimait profondément. Il donna aussi une impulsion particulière à son troisième vocable : Reine de la Paix, en réunissant autour de la Vierge Marie le Mouvement catholique international PAX CRISTI, dont les buts s’harmonisaient parfaitement avec ceux de la Confrérie Notre Dame de Montmartre, Notre-Dame de Beauté, Reine de la Paix, qui avait été érigée canoniquement par le Cardinal SUHARD le 21 Novembre 1948, en la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple. La prière d’invocation de la confrérie est plus vivante que jamais : ‘Pour la paix dans les âmes, pour la paix dans les familles, pour la paix dans le pays, pour la paix dans le monde, Notre-Dame de Montmartre, Reine de la Paix, Unissez vos enfants et veillez sur eux’. Monsieur CHRISTOPHE s’est éteint fin 2014.